« C’est très drainant » : Christine Labrie donne les raisons de son départ
« Moi, j'ai besoin de me sentir plus utile que ça. » La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, a accordé ses premières entrevues lundi matin après avoir annoncé son départ de la politique provinciale, samedi dernier.
Celle qui a déjà deux mandats avec Québec Solidaire derrière la cravate a confirmé qu’elle ne sollicitera pas de troisième mandat en 2026.
Elle a choisi d’en faire l’annonce un an avant les prochaines élections provinciales afin de laisser à son équipe un moment pour lui trouver une personne remplaçante.
Christine Labrie confie que cette décision est le fruit d’une très longue
réflexion et qu’elle a été motivée, entre autres, par un profond sentiment d’impuissance à l’Assemblée nationale.
Les gens dans le milieu de la gauche continuent de nourrir ce sentiment d’impuissance parce qu’eux-mêmes nous reflètent qu’ils sont constamment insatisfaits de notre travail. Ce sont eux, les plus critiques.
Christine Labrie soutient avoir senti que certains militants solidaires avaient des attentes irréalistes
par rapport au contexte politique actuel. C’est drainant, c’est très drainant
, explique-t-elle, émotive, au micro de Par ici l’info.
J’ai rencontré des personnes extraordinaires
Du moment qu'on a un gouvernement majoritaire qui pense qu’il représente tout le monde, ça devient un peu stérile comme dynamique, clame la députée. J’ai rencontré des personnes extraordinaires au sein de chaque parti, mais tout le monde est un peu pris dans cette dynamique de confrontation où, si l'idée ne vient pas de ceux qui sont en mesure de la mettre en œuvre, il y a peu de chance que cette idée avance, et c’est malheureux.
J’ai besoin de sentir que je fais une différence dans mon milieu.
La politicienne insiste : elle terminera son mandat, comme elle s’est engagée à le faire.
Une chose qui est claire pour moi, c’est que je vais me concentrer sur quelque chose à plus petite échelle que la politique provinciale. Je n’exclus pas de faire de la politique municipale
, ajoute-t-elle, sans pour autant confirmer qu'elle souhaitait s’engager dans cette voie à court, moyen ou long terme.
Questionnée sur les réalisations dont elle est le plus fière en tant que députée, Christine Labrie n’a nullement hésité avant de parler du travail accompli par rapport aux violences sexuelles.
On parle beaucoup de rebâtir la confiance des tribunaux spécialisés, mais il y a aussi eu l’abolition du délai de prescription pour les poursuites au civil
, souligne-t-elle, tout sourire.
Rappelons que le départ de Mme Labrie s’ajoute à celui de l’ex-porte-parole masculin du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a confirmé plus tôt cette année qu’il ne sollicitera pas un nouveau mandat en 2026. Elle confirme d'ailleurs avoir pris sa décision avant de savoir que M. Nadeau-Dubois quittait le parti.
Advertising by Adpathway





